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29.07.2007

La Suisse, mauvaise élève en matière d'égalité salariale

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Vu les moyennes européennes, le marché suisse du travail paraît peu équitable envers les femmes. Et Genève semble plus féministe que le canton de Vaud. 

 

PHILIPPE RODRICK | 20 Juillet 2007 | 23h27

Mauvais score ! En considérant les écarts entre les salaires des femmes et des hommes dans les vingt-sept Etats membres de l'Union européenne, la Suisse ne se classerait qu'au 22e rang, ex aequo avec la Grande-Bretagne et la Finlande . La patrie de Guillaume Tell serait en plus largement surpassée par de tout «nouveaux» européens comme la Roumanie et la Bulgarie.

En observant le rapport femmes-hommes dans les rémunérations, seuls quatre marchés du travail sont plus cruels que l'helvétique: le chypriote, l'estonien, le slovaque et l'allemand. Ce palmarès s'inspire d'un rapport présenté avant-hier par le commissaire européen à l'Emploi, aux affaires sociales et à l'égalité des chances, Vladimir Spidla, et d'une recherche de l'Office fédéral de la statistique publiée en octobre dernier, basée sur des données recueillies deux ans plus tôt. Les études de référence sur les différences entre salaires féminins et masculins reposent le plus souvent sur une donnée arithmétique complexe: le salaire brut médian dans le secteur privé, standardisé sur la base d'un équivalent plein temps de 40 ? heures hebdomadaires, inclues dans un mois de quatre semaines et un tiers.

Au-delà de cette précision, les résultats de l'étude européenne demeurent néanmoins stupéfiants. Ils laissent toutefois supposer que, dans certains Etats peu favorisés, où le droit du travail est encore peu développé, une masse de travailleuses et de travailleurs non qualifiés sont payés au lance-pierres, sans grande différence entre les sexes. De tels contextes sociaux réduiraient les écarts, boosteraient certains pays au-dessus de la moyenne européenne, mais sans que cela n'améliore réellement la place des femmes sur ces marchés du travail.

Jusqu'à 30% de différence

Dans des Etats économiquement beaucoup plus puissants (Grande-Bretagne, Allemagne, Suisse, Finlande ou Suède), où parfois plus d'un travailleur sur deux est une femme, d'autres facteurs accentuent les fossés. Même si «les cas de discrimination directe, entre collaboratrices et collaborateurs exerçant des fonctions identiques, dans des conditions parfaitement comparables, ont quasi disparu», affirme l'ex-premier ministre tchèque Vladimir Spidla. Dans les pays riches, les femmes universitaires se concentrent ainsi dans des branches beaucoup moins rémunérées que celles «squattées» par les hommes. L'interruption des carrières, les changements d'employeurs et le temps partiel des mamans ralentissent en outre la progression des salaires. A tel point qu'avec l'âge, à travail égal, les femmes sont de moins en moins bien payées que les hommes. Par ce processus, jusqu'à 30% d'écart ont pu être observés en Suisse.

Le plafond de verre

Le phénomène dit du «plafond de verre» fonctionne en outre toujours à merveille. «Il empêche en effet les femmes de gravir les échelons en dépit de compétences égales à celles de leurs concurrents masculins. Les hommes préfèrent avantager d'autres hommes aux profils similaires. Les êtres humains s'entourent souvent de gens qui leur ressemblent», rappelle Monika Bütler, économiste et professeur à l'Université de Saint-Gall. Last but not least, une vieille tradition influence encore l'orientation des salaires médians. A niveau de formation égal, mais dans des professions différentes, les métiers surtout masculins sont toujours mieux gratifiés que leurs homologues féminins. Ainsi l'éducatrice de la petite enfance est souvent moins rémunérée que le serrurier, et le magasinier davantage que la caissière. »

Zurich, un cas inquiétant

L’écart entre les salaires féminins et masculins s’avère beaucoup moins grave dans le bassin lémanique que dans le reste de la Suisse. Et le marché du travail genevois semble plus féministe que le vaudois. Dans le secteur privé, à Genève, le salaire brut médian féminin atteint 5886 francs, contre 6489 francs pour les hommes. La différence entre le premier et le second atteint dès lors 9%. En comparaison, le score vaudois peut paraître grave: 15,6%. Dans le pays de Charles- Ferdinand Ramuz, le salaire médian féminin s’élève à 4800 francs, contre 5687 francs pour les hommes. Le cas de Zurich se révèle encore plus inquiétant: le fossé entre les rémunérations des femmes et des hommes y frôle le quart. «

Le marché du travail est un marché très complexe. Il est influencé par d’importants facteurs psychologiques.

En tant qu’économiste, je doute toutefois que des réglementations soient pertinentes», indique Monika Bütler, professeure à l’Université de Saint-Gall, citée dans le Tages-Anzeiger. L’expérience genevoise tend cependant à démontrer le contraire. «La bonne performance de notre canton s’explique entre autres par l’existence de nombreuses conventions collectives de travail», estime la directrice du Service genevois pour la promotion de l’égalité entre homme et femme, Fabienne Bugnon. Au bout du Léman, les multinationales prouvent en plus leurs forces en matière de politique familiale et d’aménagement du temps de travail. «Vu leur poids économique, leur politique plus égalitaire pèse certainement sur l’ensemble du canton», note Fabienne Bugnon. P. RK

Source de l'article......

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On nous parle souvent de l'évolution humaine, dans ce cas précis, ne serait-ce pas plutôt une régression ? A quand des labels éthiques pour les entreprises dans nos pays comme il en existe déjà pour le travail équitable, pourquoi pas instaurer un label "égalité salariale".

Les consommateurs et consommatrices feraient leurs achats différemment, peut-être ?????!!!!

Et bien voilà !!!! qui cherche, trouve....Il existe une certification en Suisse, le nom est: equal-salary 

comment rendre l'égalité vendable.pdf