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02.12.2007
Presse, amour et politique: pas de ça en Suisse!
En France, hommes politiques et journalistes ont souvent plus qu'un micro entre eux. Un phénomène que la Suisse ne semble pas connaître. Nos élus et nos stars TV sont-ils dénués de tout charme, le pouvoir est-il asexué et aseptisé dans notre pays? Explications des principaux intéressés
Stéphanie Germanier - 02 Décembre 2007 Le Matin Dimanche DR
On n'a jamais vu et on ne verra jamais Micheline Calmy-Rey et Darius Rochebin se promener bras dessus, bras dessous à Genève. Pas assez glamour.
Darius Rochebin et Micheline Calmy-Rey se baladant bras dessus bras dessous sur les quais à Genève. Esther Mamarbachi et Christophe Darbellay les doigts entrelacés à la table d'un restaurant chic de Berne. Des images que les Suisses n'ont jamais vues et ne verront sans doute jamais. Tout simplement parce que les mélanges de ce genre-là n'ont pas leur place dans la libido ou le romantisme helvétique.
«Il n'y a pas d'érotisation du pouvoir chez nous», affirme Darius Rochebin. Pas de glamour, pas de fascination. S'il reconnaît que les rapports de charme ne sont pas absents des plateaux TV, «il y a des moments de vraie séduction lors de certaines interviews», Monsieur 19 h 30 constate que la «mystique française du pouvoir» reste bien éloignée de la Suisse. «En tout cas pour ce qui est de la politique. Les richissimes financiers font sûrement davantage rêver».
«Pas de pouvoir tout court»
Le conseiller national Yvan Perrin (UDC) va plus loin encore. «Ce n'est pas qu'il n'y a pas d'érotisation du pouvoir. Il n'y a pas de pouvoir tout court», complète le Neuchâtelois qui espère en tout cas que l'absence d'exemples d'idylles politico-médiatiques n'a rien à voir avec «le physique ingrat» des politiciens suisses. «Si une femme devait s'intéresser à moi à cause de mon influence, cela voudrait dire que cette personne serait bien mal informée sur le système politique suisse», continue-t-il en riant. Il ne nie pourtant pas qu'il y a des rapports de séduction entre journalistes et hommes politiques, «comme partout lorsqu'on met des hommes en présence de femmes».
Star de l'info sur la TSR, Esther Mamarbachi pense que c'est de son côté et celui de ses collègues que le pouvoir de séduction fait défaut. «Nous n'avons pas le même statut que les journalistes TV françaises. Quand je sors dans une soirée à Genève, tout le monde me regarde, mais lorsque j'enfourche mon vélo pour rentrer mon potentiel fantasmagorique retombe».
Et si l'on considère que c'est souvent l'occasion qui fait le larron, les personnalités suisses sont bien mal loties. «L'agenda mondain pas franchement trépidant», regrette presque Yvan Perrin. «Journalistes et politiciens appartiennent à une caste en France. C'est un petit monde qui vit en vase clos, qui fréquente les bonnes adresses et les lieux où il faut être à Paris», ajoute Michel Zendali d'Infrarouge. «Mais franchement je ne dirais pas que le pouvoir est asexué chez nous. Il a juste un côté balourd.» Dans la Suisse décentralisée, il est vrai que les toasts se portent plutôt avec du chasselas qu'avec du champagne et que les relations se tissent davantage sur les lignes CFF qu'à l'arrière des limousines.
Et si la culture suisse du pouvoir était tout simplement plus morne? «Nous sommes peut-être plus raisonnables que les Français. La morale sexuelle est plus grande chez nous», explique Judith Mayencourt, qui avoue ne rien comprendre aux rapports de séduction de toute façon. «Si l'on a du flair politique, on sait poser des limites à ce genre d'instincts», estime pour sa part Christophe Darbellay. «Et le paysage médiatique suisse est si petit. Vous imaginez si j'étais avec Esther Mamarbachi? J'aurais droit à des interviews de ma copine toutes les semaines.»
Dernier argument et pas des moindres: la disponibilité de nos stars locales sur le marché des coeurs à prendre. «Nous sommes presque tous mariés», lance un Oskar Freysinger pourtant loin d'être naïf.
Membre du Conseil de la presse, Michel Zendali se réjouit que les moeurs sarkoziennes n'ont pas encore déteint chez nous. «Dieu merci, les médias suisses se font encore un devoir de laisser à chacun son jardin secret dans le domaine de la vie privée. Ce genre d'histoires d'amour pourrait exister, mais ce ne serait pas à cause du prestige ou du pouvoir. D'ailleurs un journaliste se décrédibiliserait très vite en s'affichant avec un politicien. Il y aurait conflit d'intérêts, ce qui ne semble pas poser de problème en France.»
En France, les ors du pouvoir fricotent avec les paillettes de la télé
Les couples politico-médiatiques sont presque une institution chez nos voisins français. Tant et si bien que les histoires de coeur ou de fesses des hommes de pouvoir ont donné lieu à plusieurs ouvrages.
Si la relation amoureuse entre Nicolas Sarkozy et Laurence Ferrari (journaliste à Canal +) n'est encore qu'au stade de la rumeur, nombre de ministres ont officialisé leur union avec les stars du petit écran. Certaines présentaient le Journal de 20 heures et ont tardé à quitter leur siège, d'autres sont toujours à l'écran sans que cela ne scandalise la République ou les téléspectateurs. La liste officielle est donc non exhaustive.
Winston CHURCHILL disait:" Le journaliste est au politicien ce qu’ un chien est à son piquet, parfois il y est très attaché et, parfois il lui pisse dessus ! "10:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Société, Egalité, Suisse, Femmes, Travail
Commentaires
Rochebin et Calmy-Rey j'ai souri en imaginant le couple !!! Mais je l'ai vue intreviewée il n'y a pas si longtemps par Darius Rochebin et c'est vrai qu'un courant semblait passer. En général je trouve que ce présentateur dégage beaucoup de charisme et d'intelligence, ça fait du bien en tant que téléspectatrice.
Ecrit par : Kate_H | 08.12.2007















