19.03.2008

La révision de l'AVS se transforme en plan d'économies

 febe2cc9af8691fee3306d7f2a66566f.jpgLa Chambre basse a accordé la priorité à la santé financière de l'AVS, pas aux futurs retraités de condition modeste ni aux femmes.  

La 11e révision de l'assurance vieillesse et survivants a été acceptée de justesse par la Chambre basse. Elle a refusé de faciliter la retraite anticipée pour les bas revenus et a adopté un relèvement de l'âge de la retraite des femmes.

La gauche et les Verts dénoncent un démantèlement social. Si la Chambre haute accepte le texte tel quel, un référendum sera probablement lancé.

La droite du Conseil national (Chambre basse) a réussi à s'imposer sur toute la ligne dans cette 11e révision de l'assurance vieillesse et survivants (AVS). Celle-ci a été acceptée mardi par les députés par 97 voix contre 89 et 4 abstentions. Les sénateurs doivent encore se prononcer.

Au final, les femmes risquent donc de devoir attendre 65 ans pour toucher l'AVS et aucun moyen n'a été prévu pour faciliter la retraite anticipée des personnes de conditions modestes. La réforme ne prévoit plus que des économies, à hauteur de 800 millions de francs par an.

Pascal Couchepin, s'est montré mitigé face au résultat des délibérations. «C'est à vous de juger si cette révision a des chances devant le peuple», privée comme elle l'est d'un coup de pouce social pour une retraite anticipée, a prévenu le ministre de l'Intérieur.

Il s'agit en fait d'une 11ème révision «bis» de l'AVS. La première mouture avait été refusée par le peuple par 70% des voix en mai 2004.

Menaces de référendum

Faisant référence à ce rejet, les socialistes, les Verts et une partie des démocrates-chrétiens (PDC, centre droit) ont brandi tout au long du débat la menace de la sanction populaire. En vain.

«On ne peut pas relever l'âge de la retraite des femmes sans attribuer le moindre franc à la retraite flexible», a critiqué la députée PDC Thérèse Meyer. Au nom des Verts, le chrétien-social Hugo Fasel a déclaré que «la droite a choisi une nouvelle fois de foncer dans le mur».

Enfin le socialiste Paul Rechsteiner, président de l'Union syndicale suisse (USS), a souligné que cette révision était «mort-née». «C'est du pur démantèlement social sur le dos des rentiers, des femmes et des travailleurs à bas revenu», a-t-il ajouté.

Membre de l'Union démocratique du centre (UDC, droite nationaliste), Guy Parmelin a en revanche jugé qu'il s'agissait là d'une «amélioration modeste dont l'AVS aura besoin pour faire face aux turbulences à venir».

Les démocrates du centre l'ont emporté grâce aux radicaux (PRD, droite), qui avaient initialement prôné le renvoi du projet au gouvernement en vue d'obtenir une nouvelle version comprenant une retraite flexible vers le haut aussi, et grâce aussi à quelques PDC.

Pas de faveur pour les bas revenus

Adopté par 120 voix contre 69, le relèvement de l'âge de la retraite des femmes de 64 à 65 ans devrait entraîner des économies de 620 millions par an. Mais pas question d'investir tout ou partie des deniers ainsi épargnés dans des mesures pour aider les travailleurs à bas revenu à prendre une retraite anticipée.

La droite a successivement balayé tous les modèles proposés. Même la variante le meilleur marché, qui visait à attribuer à la retraite à la carte 400 des 800 millions d’économies réalisés grâce à la 11 e révision de l'AVS, a été rejetée.

Dans ces conditions, les modèles exigeant des investissements allant de 800 millions à 1,4 milliard n'ont eu aucune chance. Quant à l'idée de Pascal Couchepin d'accorder une rente-pont à certaines catégories de personnes défavorisées, elle a été enterrée tacitement.

Rejet de l'initiative de l'USS

Autre sujet de mécontentement pour la gauche, l'indexation des rentes vieillesse risque de ne plus avoir lieu automatiquement tous les deux ans. La Chambre du peuple a en effet décidé de lier le rythme du renchérissement au niveau du Fonds de compensation de l'AVS.

A l'avenir, le taux de couverture minimal du Fonds devrait être porté à 70% des dépenses de l'AVS, contre 100% aujourd'hui. Mais si ce niveau n'est pas atteint, les rentes ne seront pas adaptées. Il n'y aurait une hausse que si l'inflation dépasse 4%.  

Enfin la Chambre du peuple a recommandé le rejet de l'initiative populaire de l'Union syndicale suisse pour une retraite flexible. Ce texte demande l'octroi d'une rente complète dès 62 ans pour les revenus inférieurs à 120'000 francs.

RÉACTIONS

La décision de la Chambre basse suscite des réactions contrastées.  

Les syndicats se disent indignés face à «l'incroyable arrogance» des députés. Pour eux, le refus de faciliter la retraite anticipée pour les bas revenus témoigne «d'une perte totale du sens des réalités».

L'organisation faîtière des syndicats chrétiens Travail.Suisse a d'ores et déjà annoncé qu'elle lancera le référendum si aucune correction substantielle n'est apportée par le Conseil des Etats. L'Union syndicale suisse parle elle «d'un affront au peuple».

Du côté des associations patronales en revanche, on se félicite de cette décision.

«Compte tenu des perspectives de financement peu encourageantes, il est important que les économies résultant du relèvement de l'âge de la retraite des femmes soient utilisées pour la consolidation de nos assurances sociales», écrit par exemple l'Union suisse des arts et métiers (USAM).

CONTEXTE

La loi fédérale sur l'assurance vieillesse et survivants (AVS) est entrée en vigueur en 1948.

Elle a subi de nombreuses révisions et modifications. La dernière (10e révision) est entrée en vigueur en janvier 1997. Depuis, le gouvernement et le Parlement travaillent à une nouvelle révision de l'AVS.  

En 2004, la première version de cette réforme (11e révision) a échoué devant le peuple. Cet échec est principalement dû au fait que ce projet ne prévoyait pas de règlement flexible pour la retraite anticipée des personnes à faibles revenus.

Vu la tournure des événements prise mardi avec la décision de la Chambre basse, la 11e révision «bis» a bien des chances d'emprunter le même chemin.

Si le Conseil des Etats (Chambre haute) l'accepte telle quelle, deux scénarios sont alors envisageables: ou la 11e révision est rejetée à une courte majorité lors des votations finales au Parlement, ou le référendum est lancé.

Les opposants à cette 11e révision «bis» auraient alors de sérieuses chances de l'emporter.

Source de l'article....

Un pas en avant, trois pas en arrière. La droite dure et pure n’a pas fini de nous faire danser. Je savais qu'il fallait une formation pour se sortir de la pauvreté, par contre, je ne pensais pas que nos politiques, qui, fiers de leurs Hautes études, puissent trouver de solutions aussi stupides !

Fiction ou légende ? Non, juste une triste réalité !

En Suisse, environ 700'000 personnes sont pauvres, et la tendance est à la hausse. Les familles monoparentales et les familles avec des petits enfants sont particulièrement touchées. La pauvreté ne se limite pas à la pauvreté matérielle. Ses victimes sont également défavorisées sur d’autres plans: les personnes pauvres sont mal intégrées socialement, vivent dans des logements de mauvaise qualité, manquent de confiance en elles-mêmes, ont moins d’opportunités en matière de formation et de travail et sont, enfin, souvent malades aussi bien physiquement que psychiquement.

En Suisse, 300'000 personnes ont recours à l’aide sociale. Il y a une hausse de 10% du nombre de bénéficiaires de l’aide sociale. Il s’agit d’un signe clair qui démontre que de plus en plus de personnes sont touchées par la pauvreté dans notre pays.

Des études montrent que les jeunes qui sont élevés dans un milieu pauvre ont de grands risques de devenir à leur tour des adultes pauvres.

Le programme d’allégement fiscal de la Confédération en faveur des gros actionnaires et des riches, va certainement contribuer à creuser davantage le fossé entre les riches et les pauvres en Suisse.

Il est inacceptable que l’on continue à croire que les pauvres sont pauvres parce qu’ils le veulent bien. La pauvreté est un problème structurel qui touche l’ensemble de la société et qui doit trouver une solution politique.

Malheureusement en lieu et place d'une solution des partis comme l'UDC par exemple, mais je dirais la droite en général, arrive à diviser les gens et les faire croire que justement les pauvres "profitent" du système. Et ces partis finissent par recevoir des votes de suisses qui ont recours à l'aide sociale, en leur faisant croire que c'est les étrangers qui les ont amenés dans cette galère.

L'UDC veut même ne plus rendre obligatoire de contracter une assurance maladie, avec cela ce sera surtout les gens pauvres qui n'auront plus le droit à une couverture maladie.

Comment peut-on voter pour un parti qui n'a aucune morale? Je ne comprends pas...

Il est beau le capitalisme !

La guerre des riches contre les pauvres

La "lutte des classes" prônée par Karl Marx était celle des pauvres contre les riches, des exploités contre les exploiteurs. Depuis 20 ans, la lutte des classes s'est inversée. C'est désormais une guerre des riches contre les pauvres. Son but est d'effacer un siècle de progrès social en occident, de décupler les profits des entreprises, et de permettre un enrichissement sans précédent des élites dirigeantes au détriment de la population ordinaire devenue une simple ressource à exploiter.

Mais cette guerre sociale vise également des objectifs plus vastes et à plus long-terme...!

Commentaires

La guerre des riches contre les pauvres...tout un programme...tu as raison cette lutte est au maximum dans le monde!!!
Et chez nous depuis l'arrivée de Sarko...c'est je casse le système afin que mes amis les riches soit bien durant mon mandat!!!...
Faire des réformes, on la élu pour cela...dit-il!!!
La guerre économique et social est bien en marche, je voudrais pas être un oiseau de mauvais augure, mais on y va tout droit au mur!!!
Et pour être plus explicite il suffit d'une étincelle pour que nous allions dans un endroit que nous connaissons tous!!!
Année 2008...2012...5 ans de galère...oui le monde est fou...

Ecrit par : Tonton | 31.03.2008

La solidarité du système par répartition ,

POURQUOI LES PATRONS NE VEULENT PAS ?
=> Un choix de société idéologique
=> Diminuer la part salariale pour accroître les profits
=> Accroître le capital financier

Des sommes gigantesques qui transitent dans les caisses de répartition (2.000 milliards de francs par an juste pour la Sécu !)en france .
Remplacer la répartition par la capitalisation rendrait ces sommes disponibles pour les marchés financiers.
Aucun avantage pour les salariés (bien au contraire…), mais un afflux fantastique d'argent frais pour les marchés boursiers.

certainement Tonton !C'est "La guerre économique"

REVENDICATION À LONG TERME : Révolution sociale !

Ecrit par : Didier | 15.04.2008

EXCELLENT !
TROP RARES LES SITES COMME LE TIEN.

Ecrit par : RACAL | 15.05.2008

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