03.06.2008
Traitement d’images…. « déformées »
Au cours de ces dernières semaines, des images, venues de toute la planète, ont inondé nos petits écrans, principalement liées à la flamme olympique, aux événements du Tibet et aux intempéries en Birmanie.
CHAOTIQUE, le parcours de la flamme olympique au cours de son périple mondial ! Alors que le Comité international olympique (CIO) et la Chine officielle des Jeux olympiques de Pékin, unis dans le business sportif, se préparaient à suivre avec autosatisfaction le parcours triomphal de ladite flamme olympique, il aura suffi de quelques images perturbatrices pour faire bégayer tout ce petit monde. Olympie, Londres, Paris, San Francisco et autres lieux sont alors le théâtre d’incidents spectaculaires, parfois maladroits, programmés par les défenseurs des droits de l’homme et les Tibétains en exil. L’important n’est pas nécessairement l’image en soi, mais le traitement que lui font subir les organisations concernées : les dirigeants chinois, très sensibles aux retours de flammes, ne montreront que l’agression subie par une jeune athlète handicapée, comme ils auront occulté les manifestations de Lhassa ou tout autre événement susceptible de les mettre en cause ; les télévisions occidentales feront passer en boucle pendant plusieurs jours les interventions de « Reporters sans frontières » et des rassemblements de Tibétains aux quatre coins du monde ; le CIO, se retranchant derrière sa « neutralité » et son hypocrisie, tancera les villes d’accueil de la flamme de ne pas maîtriser la situation.
SCANDALEUSE, à ce propos, ai-je trouvé la déclaration de Denis Oswald, représentant de la Suisse au CIO, lors d’une récente édition de Mise au point, souhaitant une « répression douce » à l’encontre des rares et courageux Chinois qui osent défendre les libertés fondamentales dans cette Chine néo-capitaliste.Quand ce même comité, par la voix de son président, assène péremptoirement que l’olympisme ne se mêle jamais de politique, il oublie incidemment que le fait d’attribuer les Jeux à Coca Cola (Atlanta), à Moscou ou à Pékin est un acte on ne peut plus politique. Plus hypocrite, tu meurs…Bien sûr, les images de la flamme en Corée du Nord n’a donné lieu à aucune controverse du côté chinois !
AUTRE DICTATURE, autre traitement d’images. La Birmanie, dont une importante partie de la population souffre des conditions dramatiques consécutives au cyclone Nargis, attend toujours, 15 jours plus tard, l’aide humanitaire offerte par les multiples OGN et offices onusiens. Les seules images que daigne laisser filtrer la junte au pouvoir sont rares et aucunement représentatives du malheur qui frappe le pays. Alors que des équipes des télévisions du monde entier trépignent à Bangkok, impatientes de rendre compte des réalités sur le terrain, les militaires, craignent sans doute que ces images montrent leur totale incompétence et leur volonté de tout contrôler. Les images qui ne trichent pas, qui ne sont pas manipulées (hélas ! la manipulation existe encore trop souvent), qui constatent et rendent compte de situations intolérables sont celles que tous les citoyens du village mondial qu’est devenue notre Terre doivent pouvoir visionner sans entrave ni censure. Le respect des droits de l’homme passe obligatoirement par la liberté et la pluralité d’expression écrite, sonore et visuelle. Encore faudrait-il se dégager de la mainmise sur les médias des CNN et autres BBC…
LES DEBORDEMENTS sportifs et extra-sportifs lors de quelques récents matches de notre championnat de football ont rappelé aux responsables de la sécurité et à la population que la Suisse allait bientôt entrer en guerre… contre le fanatisme violent et déchaîné des hordes de supporters venant assister à une manifestation sportive. En effet, que de termes guerriers sont utilisés par les journalistes pour évoquer ce que pourrait affronter notre paisible patrie ! Affrontements, déprédations, bagarres et barrages, mobilisation des forces policières et armées de toutes la Confédération, voilà les termes les plus concrets qui décrivent une situation de crise aiguë. Et d’interdire l’alcool, les contenants en verre. Pourquoi n’avoir pas refilé l’événement à une vraie dictature ? Elle aurait su mâter ces trublions. Et vive le sport !
Acho
Source de l’article : Journal du Haut
La nouvelle censure
Le principe de base de la censure moderne consiste à noyer les informations essentielles dans un déluge d'informations insignifiantes diffusées par une multitude de médias au contenu semblable. Cela permet à la nouvelle censure d'avoir toutes les apparences de la pluralité et de la démocratie.
Cette stratégie de la diversion s'applique en premier lieu au journal télévisé, principale source d'information du public.
De l'info sans infos...
Depuis le début des années 90, les journaux télévisés ne contiennent quasiment plus d'information. On continue d'appeler "journal télévisé" ce qui devrait en réalité être appelé un "magazine".
Un J.T. moyen contient au maximum 2 à 3 minutes d'information. Le reste est constitué de reportages anecdotiques, de faits divers, de micro-trottoirs et de reality-shows sur la vie quotidienne.
...et une censure sans censeurs
Toute la subtilité de la censure moderne réside dans l'absence de censeurs. Ceux-ci ont été efficacement remplacés par la "loi du marché" et la "loi de l'audience". Par le simple jeu de conditions économiques habilement crées, les chaines n'ont plus les moyens de financer le travail d'enquête du vrai journalisme, alors que dans le même temps, le reality-show et les micro-trottoirs font plus d'audience avec un coût de production réduit.
Même les évènements importants sont traités sous un angle "magazine", par le petit bout de la lorgnette. Ainsi, un sommet international donnera lieu à une interview du chef-cuistot chargé du repas, à des images de limousines officielles et de salutations devant un bâtiment, mais aucune information ni analyse à propos des sujets débattus par les chefs d'états. De même, un attentat sera traité par des micro-trottoirs sur les lieux du drame, avec les impressions et témoignages des passants, ou une interview d'un secouriste ou d'un policier.
A ces insignifiances s'ajouteront le sport, les faits-divers, les reportages pitoresques sur les villages de la France profonde, sans oublier les pubs déguisées pour les produits culturels faisant l'objet d'une campagne de promotion (spectacles, films, livres, disques...).
Information destructurée pour mémorisation minimale
Tous les psychologues et spécialistes des neurosciences savent que la mémorisation des informations par le cerveau se fait d'autant mieux que ces informations sont présentées de façon structurée et hiérarchisée.
La structuration et la hiérarchisation de l'information sont aussi des principes de base enseignés à tous les étudiants en journalisme.
Or depuis 10 ans, les journaux télévisés font exactement le contraire, en enchainant dans le désordre des sujets hétéroclites et d'importance inégale (un fait divers, un peu de politique, du sport, un sujet social, un autre fait divers, puis à nouveau de la politique, etc) , comme si le but recherché était d'obtenir la plus mauvaise mémorisation possible des informations par le public. Une population amnésique est en effet beaucoup plus facile à manipuler...
Source: ici
16:15 Publié dans Mondialisation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Jeux olympiques, Birmanie, Femmes, PS, Suisse, mondialisation


















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