15.03.2009

Des handicapés doivent payer pour travailler

Neuchâtel

 Des handicapés doivent payer pour travailler

par Catherine Bex

 Des familles recourent contre l'Etat. Leurs enfants doivent payer un droit de travailler à l'atelier qui les accueille.

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 Catherine (à dr.) gagne 120 fr. par mois et en paie 150. Info-Box

La circulaire contestée

La circulaire neuchâteloise SES 4B est entrée en vigueur au 1er janvier 2007. Elle exige que les personnes handicapées travaillant en atelier versent une partie de leur allocation pour impotent (API) à l'institution qui les occupe. L'API est versée aux personnes invalides pour les aider dans les actes de la vie quotidienne. Outre Neuchâtel, d'autres cantons appliquent déjà un système du même type, comme le Valais ou Berne.

Le conseiller d'Etat neuchâtelois en charge de la Santé, Roland Debély, estime que «la décision du tribunal pourrait faire jurisprudence et entraîner un effet domino pour d'autres cantons».«Payer pour bosser, ça non!» Robert Hirt, de Cornaux (NE), refuse de baisser les bras pour sa fille handicapée. Catherine, 34 ans, travaille à temps partiel dans un atelier protégé du canton de Neuchâtel depuis plus de dix ans.

 A la suite de l'entrée en vigueur d'une circulaire cantonale (lire l'info-box), la jeune femme devrait verser 150 fr. par mois en moyenne, pris sur son allocation pour impotent, à l'atelier qui l'accueille. Avec un salaire mensuel de 120 fr., Catherine paie ainsi plus qu'elle ne gagne. Un paradoxe qui irrite son père. Et d'autres familles qui sont dans le même cas.

 Elles sont 21 à avoir déposé un recours collectif auprès du Tribunal administratif cantonal en janvier, après avoir été déboutées par le Département de la santé et des affaires sociales fin 2008. Dans l'attente d'une décision, certaines familles refusent de payer et accumulent cet argent sur un compte. Robert Hirt a ainsi amassé quelque 3000 fr. en deux ans.

Responsable du Service des établissements spécialisés neuchâtelois, Jacques Laurent comprend la colère de ces parents. Payer pour travailler? Il reconnaît que cette interprétation n'est pas fausse. «Il s'agit de retrouver la dignité par le travail, mais la rentabilité n'est pas la même.»

Quant à affirmer que «l'Etat remplit ses caisses sur le dos des handicapés», comme le pensent certaines familles, Jacques Laurent réfute: «Nous perdons des centaines de francs par jour. Dans le canton, le coût moyen en atelier était de 208 fr. par jour en 2008, contre une contribution maximale de 30 fr. demandée aux familles.»

Source de l'article...

Personnellement, je trouves déplorable pour un pays comme la Suisse, où l'on donne des parachutes dorés à des incompétents, des forfaits fiscaux à des milliardaires, que l'on demande à des personnes handicapées de payer pour travailler. Cela vous laisse-t-il indifférent....?