21.06.2009

Vous avez dit justice sociale

La chronique de Jacques Pilet

Par Jacques Pilet

Il siégera à Strasbourg une solide bande de députés décidés à saboter l'Union de l'intérieur.
 
L'idée que la politique a notamment pour but de réduire les inégalités est-elle en train de disparaître? Possible. Les élections européennes donnent un signe troublant. La social-démocratie, sonnée debout, avait un credo simple: on ne fait pas la révolution, on gère sagement, on ne touche pas au capitalisme, mais on adoucit ses rigueurs. Cela aurait pu plaire en temps de crise. Or, c'est le contraire qui s'est produit.

Le message des électeurs, dans toute l'Europe, peut se résumer ainsi: gouvernants de droite, continuez, faites que tout redevienne comme avant, tant pis pour les revendications sociales.
Et ceux qui rêvent encore de changer le monde? Ils ont boudé les socialistes, trop pépères, trop attendus. Beaucoup se sont tournés vers la nouvelle utopie: l'écologie. Le défi n'est plus de soulager les pauvres, mais d'amener toute la société à vivre différemment. Cette louable préoccupation a pour effet de rendre ringard le discours de la gauche traditionnelle. Celle-ci est entrée sur ce terrain trop tard et avec une inégale conviction. Le résultat de ce glissement des sensibilités? Mis à part les très minoritaires pourfendeurs français et allemands du capitalisme - deux exceptions en Europe -, à peu près plus personne ne donne une franche priorité au combat pour la justice sociale.

La plupart des Britanniques tirent la langue, ne savent plus comment payer leur loyer, mais ils ne croient plus que les travaillistes les défendront mieux que les conservateurs. Les Allemands, si touchés par la dépression mondiale, hurlaient hier lorsque le socialiste Schrüder voulait limiter certains droits acquis et, aujourd'hui, ils donnent la préférence aux démocrates-chrétiens qui proposent d'aller bien plus loin encore dans les sacrifices. Pourquoi ce changement? Parce que le souci numéro un, c'est le redémarrage de l'économie. Peut-être aussi parce que, mine de rien, là comme ailleurs, nos sociétés s'habituent au fossé croissant entre riches et pauvres. Le phénomène ne date pas d'hier. Il est patent à l'Est. Dans les pays ex-communistes, tous les partis évitent le plus possible les thèmes sociaux, suspects de rappeler le vieux temps. Y compris à gauche. La plupart des Polonais vivent avec des salaires de misère, alors que les prix sont faramineux. Cela ne les retient pas de voter pour le parti libéral. En Hongrie, en Slovaquie, en Roumanie, la seule question qui échauffe le débat, c'est la montée en puissance de l'extrême droite nationaliste. Comme aux Pays-Bas. Dans ce climat, n'allez surtout pas parler de lutte des classes!

C'est là un autre pan de la nouvelle carte idéologique européenne.
Il siégera à Strasbourg une solide bande de députés décidés à saboter l'Union de l'intérieur. Des conservateurs britanniques aux eurosceptiques tchèques en passant par des xénophobes de tout poil. Ils n'y parviendront pas, mais ils feront tout pour freiner la machine... et surtout les avancées sociales.
La droite classique est sûre d'elle. Parce qu'elle trouble l'ancienne donne. Parce qu'elle sait miser sur tous les tableaux. Et phagocyter ainsi ses adversaires. Le président français sait très bien jouer à la fois sur les registres de droite et de gauche. Le Gouvernement polonais lâche juste assez de lest pour que la question sociale ne surgisse pas. Le parti de droite Fidesz, vainqueur en Hongrie, promet plus de cadeaux aux démunis que la gauche. L'apôtre tchèque du libre marché, Vaclav Klaus, se garde bien de toucher aux structures héritées du communisme qui soutiennent les rentes et les soins médicaux. Le milliardaire Berlusconi réussit à faire croire aux Italiens qu'il est le meilleur défenseur des petits. Même le patron de la Commission de Bruxelles, le très libéral Barroso, se met soudain à plaider pour une sévère réglementation des marchés financiers.
Si l'économie ne s'effondre pas davantage, les protections sociales ne sont donc pas vraiment menacées. Mais l'idéal de l'égalité entre les citoyens est passé de mode. Cette aspiration européenne, héritage de tant de luttes, cette différence d'avec les sociétés asiatiques ou américaines, trouve de moins en moins d'écho. Les superriches peuvent dormir tranquilles. Quant à ceux qui galèrent, ils oublieront leurs soucis devant la télé. Il y a de si bons acteurs. A commencer par les politiciens.

Retrouvez cette chronique dans «L'air du large», le blog de Jacques Pilet, enrichie de références et d'informations complémentaires.

Ce Monsieur Pilet est un bon observateur, une nouvelle " guerre mondiale " a commencé. C'est une guerre sociale et intérieure, une guerre d'élimination menée par les élites dirigeantes contre une population devenue trop nombreuse et inutilement coûteuse.
Cette guerre se caractérise par l'instauration d'un nouvel esclavage appelé "libéralisme", et simultanément, par l'accroissement de la répression contre le citoyen ordinaire afin d'obtenir sa soumission.


La guerre des riches contre les pauvres

La "lutte des classes" prônée par Karl Marx était celle des pauvres contre les riches, des exploités contre les exploiteurs. Depuis 20 ans, la lutte des classes s'est inversée. C'est désormais une guerre des riches contre les pauvres. Son but est d'effacer un siècle de progrès social en occident, de décupler les profits des entreprises, et de permettre un enrichissement sans précédent des élites dirigeantes au détriment de la population ordinaire devenue une simple ressource à exploiter.

Mais cette guerre sociale vise également des objectifs plus vastes et à plus long-terme...
 

Le constat des Maîtres du Monde

Ceux qui dirigent actuellement le monde pensent que la planète est surpeuplée. Or cette surpopulation menace leur pouvoir. Plus la population est nombreuse, plus elle risque d'échapper un jour au contrôle de la minorité qui gouverne contre l'intérêt de la majorité.

De plus, les Maîtres du Monde considèrent qu'une majorité de la population est inutile ou non-rentable. La plupart des "citoyens ordinaires" ont une valeur négative pour le système économique.

Par ailleurs, du point de vue des Maitres du Monde, la principale cause de la pollution est la surpopulation. Si les humains étaient 5 fois moins nombreux sur la planète, il y aurait 5 fois moins de pollution. Plus il y a d'humains sur la planète, et plus se réduit la quantité de CO2 et de pollution par humain que l'écosystème peut absorber. Et plus se réduit également la part de ressources naturelles (eau, nourriture, énergie, matières premières) disponibles pour chaque humain.

Si tout le monde vivait comme les Américains, l'humanité aurait besoin de 5 planètes comme la Terre. Mais si les humains étaient 5 fois moins nombreux, une seule planète serait suffisante. Le problème de la pollution et des ressources naturelles serait résolu sans qu'il soit nécessaire de renoncer à l'organisation économique et au mode de vie actuels.

Une alternative serait que l'humanité renonce à la société de surconsommation et aux profits qu'elle permet de générer. Pour les Maîtres du Monde, cette solution est inacceptable. Une seconde alternative serait que l'humanité investisse massivement dans des nouvelles énergies et des nouvelles technologies qui dégraderaient moins l'environnement. Mais les énergies alternatives ne parviendront pas à satisfaire entièrement les niveaux de consommation actuels. Enfin cela coûtera cher, et sans réduire le danger d'instabilité sociale.

Les Maîtres du Monde ont donc choisi la première solution: permettre aux plus favorisés de conserver les avantages d'une société industrielle hautement polluante, mais réduire la pression globale sur l'environnement et les risques d'instabilité sociale en ramenant la population mondiale à 1 milliard d'habitants d'ici le milieu du 21è siècle.
 

grenouille.gif

L'expérience de la grenouille

par Olivier Clerc

"Imaginez une marmite remplie d'eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L'eau se chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper. L'eau est chaude. C'est un peu plus que n'apprécie la grenouille; ça la fatigue un peu mais elle ne s'affole pas pour autant. L'eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température de l'eau va ainsi monter jusqu'au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s'être extraite de la marmite.

Cette expérience peu recommandable est riche d'enseignements. Elle montre que lorsqu'un changement négatif s'effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d'opposition, pas de révolte."

Voilà....voilà, nous sommes tous des petites grenouilles en devenir, et il serait temps d'en prendre conscience avant de finir à la casserole....! Ou sommes nous déjà à moitié cuit ?