01.09.2006

La démocratie en Chine n'est pas pour demain !

medium_2005-5-14-footonhead-sr.jpgDans mes alertes Google de ce matin, j'ai pu lire ceci et vous le fait partager.....

Nous savons tous plus où moins que le régime chinois est un régime totalitaire, mais nous ne savons pas encore assez ce que vit ce peuple, sans parler des tibétains.

Rencontre avec Ma Jian

« La démocratie en Chine n'est pas pour demain » Dans « Nouilles chinoises », l'écrivain dissident, exilé à Londres, dresse une caricature féroce de son pays, et rêve de liberté. Entretien

Le Nouvel Observateur. - Dans quelles circonstances avez-vous écrit « Nouilles chinoises » ?

Ma Jian. - Je vivais à Hongkong quand a eu lieu le massacre de la place Tiananmen, en 1989. Je suis retourné aussitôt à Pékin, j'étais très choqué. Je marchais dans les rues, je prenais des photos. J'ai loué une chambre et je me suis mis à écrire sur la manière dont le peuple chinois était manipulé, contrôlé par des mains invisibles. C'était un peuple terrifié.

N. O. - C'est le massacre lui-même qui vous a donné l'idée du livre ?

Ma Jian. - C'est de parler avec les gens. De passer tous les jours, à Pékin, devant une échoppe qui vendait des vêtements pour les morts. Son propriétaire disait volontiers que les morts étaient plus sympathiques que les vivants. Tout cela m'a fortement inspiré.

N. O. - Votre livre est rempli d'énergie et d'ironie. C'est une réponse au climat qui régnait en Chine quand vous l'avez écrit ?

Ma Jian. - L'absurde naît de la manière dont les Chinois réagissent aux situations les plus dramatiques. Mes compatriotes ont le génie de la débrouille et de la ruse, pour rendre supportables la peur et les privations. J'avais entendu parler d'un homme qui vendait son sang. Il en avait fait une petite entreprise assez rentable. C'est d'ailleurs ainsi qu'a progressé le sida, car ce commerce illicite du sang a fini par contaminer des villages entiers. Vous voyez, il est très difficile de séparer le burlesque de la tragédie en Chine.

N. O. - Vos livres ont-ils été publiés dans votre pays ?

Ma Jian. - Non. Ils sont bloqués avant publication. Il y a deux ans, j'avais réussi à contourner ces difficultés en publiant sous un autre nom. Mais la censure a coupé des passages entiers du texte, la moitié en fait. Si bien que mon livre ne ressemblait plus du tout à ce que j'avais écrit. Les autorités ont d'ailleurs fini par comprendre que j'en étais l'auteur, et ils ont tout retiré des librairies. Il est actuellement impossible de publier en Chine un livre qui ait un quelconque contenu intellectuel.

N. O. -Vous avez aussi écrit un essai sur le Tibet. Cette cause vous touche particulièrement ?

Ma Jian. - J'ai voyagé au Tibet dans les années 1980. En réalité, j'ai traversé toute la Chine, un peu comme un vagabond. J'avais quitté mon travail de photographe pour un magazine d'Etat. Je vivais de boulots éphémères. Je suis allé au Tibet comme un pèlerin bouddhiste, et pour échapper au système totalitaire. Mais le Tibet est si corrompu, et les sanctuaires à ce point profanés par l'idéologie communiste, que j'ai perdu la foi. J'étais désespéré. Je me sentais complètement vidé. J'ai écrit un livre sur cette expérience, en 1987. C'est à ce moment que j'ai dû fuir : les autorités n'ont pas supporté que j'y fasse l'apologie de la liberté individuelle, qui est considérée comme un crime par le gouvernement. Les amis chez qui j'avais séjourné ont été arrêtés, interrogés. J'ai été traîné dans la boue à la télévision. L'éditeur a été limogé. Mais le livre, du coup, est devenu célèbre ; les gens se passaient des photocopies pour le lire. Cette période a marqué la fin de la libéralisation, initiée par Deng Xiaoping, l'aile conservatrice se servant de mon livre pour en dénoncer les excès. En quelques mois, toutes les libertés ont été supprimées. La révolte de Tiananmen est née de l'exaspération provoquée par ce tour de vis de 1987.

N. O. - Aujourd'hui, ne peut-on vous lire, même en Chine, par le biais d'internet ?

Ma Jian. - Le problème, c'est que les Chinois n'ont même plus le désir de s'informer, de communiquer. Ils ont perdu cette curiosité. Il y a une amnésie générale dans le pays. Même chez les jeunes. C'est très triste. Et puis Google est verrouillé en Chine. Mon nom n'apparaît presque pas. Je suis un fantôme là-bas.

N. O. - Pensez-vous que les régimes occidentaux doivent collaborer avec le régime, en espérant que la démocratie y gagnera ?

Ma Jian. - Il faut collaborer. Il n'y a pas d'autre moyen. Plus vous êtes radicaux, plus ils le seront. Le gouvernement a lavé les cerveaux des gens depuis des générations. C'est un système qui paraît désormais naturel aux jeunes. C'est leur culture. Ils vivent avec depuis toujours. La plupart des gens, même les jeunes, n'imaginent rien d'autre. Il faut donc y aller pas à pas. Et se dire que rien n'est impossible, car les Chinois ne croient pas non plus dans le système. Il leur est indifférent.

N. O. - Vous pensez que le communisme peut perdre le contrôle de la Chine, aussi vite qu'il a perdu celui de la Russie ?

Ma Jian. - Non. C'est tout à fait différent. Ce sera très long. Je ne verrai sûrement pas la fin du communisme dans mon pays. Les Russes conservaient une foi dans la religion. Ils gardaient un sens assez occidental de la primauté de l'individuel sur le collectif. En Chine, le Parti a détruit les pensées autres, le taoïsme, le confucianisme, le bouddhisme. Ils ont une prise totale sur l'esprit des gens. Quant au succès économique, il renforce le système, plutôt qu'il ne l'affaiblit. En Chine, une économie libérée et un régime répressif peuvent cohabiter, car la population a su depuis longtemps s'adapter aux situations les plus contradictoires. Comme si un homme avait un bras gauche qui se développait énormément et un bras droit qui rétrécissait à vue d'oeil. En Chine, il réussirait à survivre.

« Nouilles chinoises », par Ma Jian, traduit de l'anglais par Constance de Saint-Mont, Flammarion, 240 p., 19 euros.

Peintre, photographe, écrivain, Ma Jian est l'auteur de plusieurs livres, dont  « Chienne de vie » et « la Mendiante de Shigatze » (Actes Sud), et « Chemins de poussière rouge » (l'Aube). Il vit à Londres avec sa femme et ses deux jeunes enfants.

Par Didier Jacob

Source de l'article......

Est-ce que les JO de 2008 à Pékin vont pouvoir faire évoluer les choses, ou le monde occidental va fermer les yeux ?

Boycott Pékin JO 2008......

Journalistes, avocats sont les cibles des censeurs de Pékin.....

 

Wikipédia Mao Zedong....

Celui qui pose une question risque cinq minutes d'avoir l'air bête. Celui qui ne pose pas de question restera bête toute sa vie

 [Proverbe chinois]

Vous ne pouvez pas empêcher les oiseaux de la tristesse de voler au-dessus de vos têtes, mais vous pouvez les empêcher de faire leurs nids dans vos cheveux. 

[Proverbe chinois]

Les vérités qu'on aime le moins à apprendre sont celles que l'on a le plus d'intérêt à savoir 

[Proverbe chinois] 

20.07.2006

Travail des petites bonnes : un fléau à éradiquer

MAROC

medium_arton7620-200x150.gifDepuis longtemps sous-valorisé, considéré de second ordre et suscitant à peine l'intérêt des décideurs, aujourd'hui, face à la réalité du terrain, le travail domestique est en cours de réglementation

Elles sont entre 60.000 et 86.000* à travailler jour et nuit, 67 heures par semaine, à se réveiller à 6 h du matin et à se coucher à 22 h, 7 jours sur 7, pour satisfaire les moindres petits désirs de leurs employeurs. Ces travailleuses sont des petites filles âgées entre 7 et 15 ans, privées de l'affection de leurs parents et des joies de l'enfance.

Ces chiffres, même s'ils sont frappants, restent cependant en deçà de la réalité. Et malgré la ratification par le Maroc de nombreuses conventions internationales condamnant le travail des enfants et l'action de nombreuses ONG, les solutions pour l'éradication totale du travail des mineurs ne sont pas toujours évidentes, surtout quand il s'agit des petites bonnes, dont l'emploi est invisible et encore socialement accepté.

D'ailleurs, dès que ce sujet est abordé, les avis divergent. Pour certaines personnes, le travail d'un enfant est un geste de bienveillance. Il est recueilli, hébergé, soigné et éventuellement éduqué ou en «formation».

Pour d'autres, c'est une servitude et une exploitation des enfants dont le travail n'est pas reconnu et peu ou pas rémunéré. Dans le cas des petites domestiques, en plus de l'exploitation, elles sont aussi parfois l'objet d'abus sexuels de la part des employeurs. Un contentieux tantôt crié, tantôt solutionné par la voie pacifique pour ne pas choquer une société encore pudique dont une large partie reste attachée à des traditions anciennes quant à l'emploi des enfants.

Selon une enquête réalisée en 2001 par l'Unicef et le Programme de protection de l'enfance mis en place dans la wilaya de Casablanca, 22.940 filles âgées de moins de 18 ans travaillent dans la région de Casablanca en tant que domestiques. Toujours d'après cette étude, les raisons qui poussent les parents à faire travailler leur fille sont plus culturelles que liées à la pauvreté.

En effet, pour les familles pourvoyeuses de petites bonnes, qui sont pour les 3/4 des actifs occupés dans le secteur agricole, le salaire perçu pour le travail de la petite fille constitue un complément du revenu.

Côté employeurs, l'enquête a également montré que parmi ces derniers, 42 % sont de niveau supérieur et 69 % sont des actifs occupés répartis comme suit : 52,3 % sont fonctionnaires et employés de bureau du secteur privé et 27,9 % ont une fonction libérale.

Quant à éradiquer le travail des enfants, jusqu'à aujourd'hui, personne n'arrive à se mettre d'accord sur la meilleure formule à adopter. Il semblerait qu'il n'existe pas de solution miracle. Pour certains organismes, essentiellement internationaux, il ne faut pas l'éliminer totalement, car un enfant qui travaille permet à toute une famille de survivre.

La solution serait donc d'allier travail avec scolarisation, alphabétisation et formation professionnelle.

Pour d'autres, telle l'Institution nationale de solidarité avec les femmes en détresse (INSAF), le travail des enfants, et en particulier celui des petites bonnes, doit être complètement éradiqué et pour atteindre ses objectifs, l'association n'a pas lésiné sur les moyens.

Ainsi, dès 2000, Insaf a commencé à travailler sur la sensibilisation via la réalisation de spots télévisés et d'affiches publicitaires, la distribution de flyers à travers tout le Maroc… Son objectif : faire connaître la loi sur la scolarisation obligatoire afin de réduire le travail des petites bonnes.

Plusieurs partenaires ont ainsi été sollicités pour diffuser les affiches à travers leur réseau : «Notre dernier flyer a été diffusé par l'ONE à 2.900.000 foyers, soit environ 15 millions de personnes. Et ce n'est pas encore fini», dit Meriem Othmani, présidente de Insaf.

En 2005, un nouveau programme de proximité a été lancé en collaboration avec l'Education nationale et Smiling Children, ONG suisse, dans la province de Chichaoua. «Nous avons commencé à travailler au départ avec l'Education nationale pour voir le taux de déperdition scolaire chez les petites filles de moins 12 ans dans cette région. Notre objectif est d'atteindre 50 filles et faire en sorte qu'elles poursuivent leur scolarité. Le parrainage revient à 250 DH par fille.

A la date d'aujourd'hui, 30 filles ont déjà bénéficié de ce programme», explique Siham Benabdellah, assistante sociale en charge du programme parrainage des petites bonnes au sein de Insaf. Pour atteindre son but, l'association sollicite le soutien de la délégation de la région, du gouverneur et du pacha. Cependant, les choses ne sont pas toujours faciles.

Suite de l'article

Programme parrainage ICI

Le cas de Sanaa:ICI

Ah....! Si j'étais riche.....Vivant seule avec mon fils et marraine d'une petite tibétaine, je ne peux malheureusement faire plus, mais vous, si le coeur vous en dit......??

21.06.2006

«Je n’ai pas encore pu suivre un match jusqu’au bout»

LU dans le QJ 21.06.06
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Prostitution et Mondial: entre la tristesse, la rage et l’espoir
Christian Moser
«Je ne peux pas accepter cette impuissance! On brise la vie de milliers de jeunes filles et personne ne dit rien.» Philippe Bieri, le Ju­rassien plus connu sous le nom de Philippe Decourroux, chanteur engagé, a été touché, blessé par le marchandage d’esclaves sexuels qui tourne autour de la Coupe du monde. «Je savais que le phéno­mène existait, bien sûr, mais quand j’ai appris que 30000 à 40000 jeunes filles, de l’est, en par­ticulier, seraient importées pour ce qui devait être une fête, mon coeur s’est noué. J’aime bien le foot, mais chaque fois que j’allume la télé, je ne peux m’empêcher d’y penser. Je n’ai pas encore pu suivre un match jusqu’au bout...» Le Vadais est parti en croisade. Avec une chanson, Les filles de l’Est. Assez rude. Il déclare coupa­bles «tous ceux qui ne font rien, politiques et notables qui s’en la­vent les mains, tous les porcs dé­gueulasses capables d’oser encore se r’garder dans la glace.» Il défend ces jeunes filles «qui rêvaient un jour d’aimer et d’avoir des en­fants ».
Plus grave que le chien coréen
Avec d’autres organisations in­ternationales, il dénonce. «Sepp Blatter d’abord. Il a été invité deux fois devant le Conseil de l’Europe pour en parler. Il n’est pas venu. La FIFA s’en lave les mains. Si elle avait agi, ne serait-ce qu’en condamnant, le trafic n’aurait pas fait tant de victimes et bien des mordus de football se seraient peut-être abstenus.» La FIFA pré­tend qu’elle défend les droits de l’homme. «C’est du flou. Du vent. En Corée, en 2002, Blatter s’était offusqué du fait que les Coréens mangent du chien. Là, on a des milliers de jeunes filles qui vont être détruites.»
Ils préfèrent la deuxième solution
Il dénonce les politiques de tout bord, la sainte alliance du football et du sexe. «A de jeunes Moldaves qui gagnent péniblement 50 euros par mois, on en promet 1000 pen­dant une Coupe du monde. Et quand elles sont sur place, on leur explique que le travail n’est pas tout à fait de servir au stade.» Il dé­nonce et il précise: «Je sais bien que tout le monde n’est pas concerné. Les 500 personnes dans un stade de 30 000 qui vont casser des vitres en ville, ça fait les gros titres dans le monde entier. Tandis que ceux qui vont casser une vie en douce, personne ne le saura. Les officiels préfèrent la deuxième solution.» Il dénonce aussi les fans de foot qui profitent de l’événement. «Oui, il faut leur dire. Même s’ils paient en ordre, ce qu’ils commet­tent n’est rien d’autre qu’un viol. Il faut qu’ils le sachent.» Philippe Decourroux est par­tagé entre la tristesse, la rage, la frustration et l’espoir. «Une péti­tion circule sur internet depuis deux mois dans 120 pays. Elle a fait 122 000 signatures, c’est ridicule.» La lueur, c’est ce clip diffusé sur grand écran lors du dernier match amical des Bleus avant le Mondial. «Raymond Domenech, honneur à lui, y figure au premier plan. Il a pris position.» Les organisations internationales qui suivent cette affaire auraient souhaité que les organisateurs du Mondial, que des équipes ou des joueurs se manifes­tent. En vain, pour l’instant.
Le Jurassien continuera sa croi­sade. «Toute manifestation, péti­tion, action peut être utile. Il faut arrêter de dire qu’il n’y a rien à faire contre ce fléau!»
• Le Temps présent de demain soir sera consacré à ce thème.
La chanson Les filles de l’Est s’écoute sur le site www.decourroux.ch/

MEME NOS ANIMAUX (pas ceux que l'on mange, ceux que l'on chouchoute) SONT MIEUX TRAITES ! OÙ VA LE MONDE ?

Comme pour les centaines d'enfants esclaves importés en Grande-Bretagne
La survie de ce «marché aux esclaves» n'est par conséquent pas seulement due aux proxénètes, c'est-à-dire à l'«offre», mais aussi à la «demande»,
soit à l'existence de simples citoyens occidentaux prêts à tolérer ce commerce sordide!

05.06.2006

Grande-Bretagne: des centaines d'enfants esclaves arrivent

13:14 04.06.2006

Des gangs de trafiquants envoient chaque année des centaines d'enfants originaires d'Afrique, d'Asie et d'Europe de l'Est en Grande-Bretagne, rapporte le Sunday Telegraph. Ils y sont réduits à l'état de jeunes esclaves. [ats] - Les trafiquants arrivent, moyennant finances, à convaincre des parents pauvres de laisser partir leurs enfants en leur faisant croire qu'ils connaîtront une vie meilleure en Grande-Bretagne et, qu'une fois là-bas, ils seront en mesure de les aider financièrement en leur envoyant de l'argent, indique le journal, citant un rapport sur ce problème adressé au ministère de l'Intérieur britannique.

Le rapport a été établi à partir de renseignements provenant de neuf institutions caritatives, dont notamment le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), l'alliance internationale Save the Children et le CNCEE (centre national de coordination contre l'exploitation des enfants - National Society for the Prevention of Cruelty to Children (NSPCC).

Les jeunes victimes entrent clandestinement en Grande-Bretagne ou grâce à la présentation de faux passeports, exhibés par des adultes qui se font passer pour des membres de leur famille, indique le rapport. Ils sont ensuite immédiatement mis au travail, vivent dans des conditions de vie épouvantables et sont l'objet de mauvais traitements physiques et d'abus sexuels.

Le Daily Telegraph indique qu'on retrouve ces enfants originaires de Chine, du Vietnam et de Malaisie, dans des restaurants, des ateliers de couture et dans des locaux de banlieue où est conditionné du cannabis.

Les enfants africains sont soumis à des heures de travail interminables pour une petite récompense ou parfois rien du tout.

Quant aux enfants venant d'Europe de l'Est on a tendance à les obliger à demander la charité ou les entraîner à voler. Leur nombre risque de grossir l'année prochaine avec l'entrée de la Roumanie et la Bulgarie dans l'Union Européenne, ajoute le journal.

Esclavage: un marché en pleine expansion

Dans l'édito du journal "Le Matin"

Laszlo Molnar
04 juin 2006

L'existence de centaines d'enfants esclaves de Grande-Bretagne, révélée hier par la presse britannique, fait froid dans le dos et remet à l'ordre du jour le besoin de renforcer la lutte contre les trafiquants d'êtres humains. Certes, ce «marché» n'est pas nouveau. Depuis la nuit des temps, des gens s'autorisent à réduire la vie d'autres hommes, femmes et enfants à un calvaire. Il n'est nul besoin d'ailleurs d'aller chercher dans les pays particulièrement défavorisés ce genre de bourreaux. Ils sont là, parmi nous.

Le scandale au niveau européen a simplement pris une nouvelle dimension avec la chute du mur de Berlin et la guerre des Balkans. La pauvreté qui en a découlé a fait exploser l'offre... Des milliers, voire des millions de personnes sont prêtes à se vendre pour subsister. Un phénomène qui a fait dramatiquement baisser le prix de ces esclaves des temps modernes.

Les premiers à découvrir ce marché de la honte ont été les soldats et les travailleurs humanitaires stationnés en ex-Yougoslavie qui ont utilisé des femmes de là-bas comme objets sexuels et des enfants comme serfs! Les proxénètes locaux ont ainsi découvert l'indifférence d'une partie des Occidentaux face aux souffrances des autres. Des ressortissants de l'Est se sont alors dit: «Pourquoi ne pas tenter l'aventure dans les pays riches?» Ils ont donc traversé les frontières et ouvert des bordels dans les pays industrialisés. Leur exemple a été suivi par d'autres, des citoyens de pays encore plus lointains et pauvres, mais aussi de pays riches... Tous voulaient profiter de l'arrogance de ces hommes et femmes d'accord de réduire en esclavage des humains considérés comme «inférieurs», pour leur plaisir ou l'appât du gain.

La survie de ce «marché aux esclaves» n'est par conséquent pas seulement due aux proxénètes, c'est-à-dire à l'«offre», mais aussi à la «demande», soit à l'existence de simples citoyens occidentaux prêts à tolérer ce commerce sordide!

Liste des pays qui ont ratifié la Convention Internationale des droits de l'enfant

Seuls les Etats-Unis ne s'engagent par sur la Convention parce que plusieurs de ses États refusent d'abolir la peine de mort pour des crimes commis par des mineurs ou des handicapés, mais l'argument le plus significatif relève des droits des parents. En effet, de nombreux lobbies, soutenus par le Sénateur Jesse Helms, pensent que cette convention ôte les droits des parents sur leurs enfants. Et c'est d'abord cet argument, avec celui de l'avortement, qui est mis en avant.
Décembre 2003 : Les États-Unis ont fait savoir qu'ils désiraient ratifier la Convention, mais ils souhaitent auparavant déposer une réserve sur l'article 37 qui condamne le recours à la peine de mort contre les enfants. En effet, actuellement 25 états conservent la peine de mort, applicable à des mineurs, dans leur arsenal juridique. Certains d'entre eux n'hésitent pas à l'appliquer concrètement y compris pour des mineurs atteint de maladies mentales avérées.
Janvier 2005 : Les États-unis abolissent enfin la peine de mort contre les mineurs.

La Somalie:L'état des institutions de ce pays ne permet pas la ratification de la convention. Il n' y a, en effet, pas de gouvernement reconnu en Somalie.

Encore un point malheureux de plus qui me conforte à lutter contre la mondialisation capitaliste ! Nos frontières sont devenues de vraies "passoirs", nos lois sont devenues des mots couchés sur du papier et qui ne sont pas prêtes à être "relevées" à leur juste valeur !

Analyse sur la mondialisation ici