06.07.2006

Conseil de lecture

medium_Contre_pensee.pngContre-pensées, Au-delà du management,
Editions ESKA, Paris, 2001

"Une économie ni une société ne sont imaginables sans règles"

La déréglementation est un mot piège, miis à la mode pour masquer la tentative d'imposer un ordre mondial pleinement réglementé par et pour les multinationales, écrit le professeur et doyen de l'Ecole des HEC de l'UNIL Alexander Bergmann dans son dernier livre «Contre-pensées».

A lors que les (grandes) entreprises exercent une pression sur les gouvernements pour qu'ils abandonnent toute contrainte réglementaire susceptible d'entraver leurs activités (limitations des heures de travail ou d'ouverture des magasins, limitations à l'implantation de succursales, obligations de charges sociales, etc.), elles sont en train, avec la complicité active du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) (toutes institutions réfractaires )usqu'ici à un contrôle démocratique), d'imposer des règles du jeux relativement au fonctionnement des économies nationales et des échanges internationaux qui leur semblent être les plus favorables.
La Sainte Alliance entre les multinationales et les organisations internationales s'est forgée à travers de multiples rencontres qui confèrent aux unes et aux autres une légitimité de sorte à façonner le monde de demain à leur guise. Mais toutes ces rencontres ne sont en réalité que les manoeuvres de lobbylng et de propagande: Forum économique de Davos et de Crans-Montana, Transatlantic Business Dialogue et Geneva Business Dialogue, etc.

La concurrence ne garantit pas la justice

Le discours dominant tenu à ces rencontres soutient qu'il faut déréglementer partout et le plus possible, afin de laisser le marché imposer sa discipline pour la plus grande efficacité de toutes les entreprises, et, par conséquent, pour le plus grand bien de tous.
Pourtant, le marché n'est pas le seul et le meilleur moyen de régulation pour tout. Et, si trop de réglementation entrave la libre entreprise, il n'en résulte pas nécessairement que leur efficacité croit en proportion de la déréglementation. Au contraire, il se peut que trop peu de églementation soit tout aussi néfaste.
La concurrence ne garantit ni la justice ni l'intégration de la société, mais met l'efficacité au-dessus de la justice et sacrifie les buts aux moyens. Elle favorise chez les acteurs économiques une mentalité individualiste qui compromet la solution de problèmes généraux tels que l'urbanisation dévorante, la détérioration de l'environnement, la santé et la pauvreté (non seulement dans les pays du tiers monde mais à l'intérieur des pays de l'OCDE!), le crime organisé, etc.

Qui a dit que la déréglementation responsabilise?

Une société basée uniquement sur la concurrence n'est pas une société. Pour qu'une société fonctionne, il faut une volonté de respecter les intérêts des autres d'autant plus qu'ils sont faibles et incapables de les défendre euxmêmes. Si cette volonté n'est pas généralement et naturellement partagée par tous, il faut bel et bien des normes, formelles ou informelles, qui définissent des limites à la poursuite d'intérêts particuliers.
Il est vrai que toute réglementation peut déresponsabiliser, mais est-on bien certain que la déréglementation responsabilise? Nous avons mis deux cents ans à dompter le capitalisme sauvage. Faut-il tout à coup lâcher à nouveau la bête sauvage, sous prétexte que, domestiquée, elle est devenue molle et court moins vite? Faut-il vraiment démanteler les garde-fous que nous avons progressivement élevés pour contenir la concurrence dans des limites décentes et socialement supportables, pour les remplacer par d'autres qui protègent les (grandes) entreprises de tout regard de la société sur leurs agissements?

Le monopole, un mal en économie et un bien en politique

Le processus de la déréglementation a eu comme conséquence que les pouvoirs publics ont perdu de leur pouvoir et se sont démantelés, alors que les entreprises ont gagné du pouvoir, notamment en augmentant leur taille par des (méga)fusions. C'est le contraire de ce qui devrait se faire. En effet, la théorie économique stipule que la concurrence fonctionne au mieux entre un très grand nombre de petits concurrents; et la théorie politique nous enseigne que la sécurité ainsi que des services publics ne peuvent être assurés que par un gouvernement fort. Ainsi, le monopole est un mal en économie, mais un bien en politique. Actuellement, l'Etat perd de plus en plus de ses prérogatives, le contrôle démocratique sur des services pourtant jugés essentiels, tels que l'information, l'instruction et la santé cédant en même temps.

Pour des limites

L'espoir que l'on met dans la déréglementation est l'espoir qu'on a dans la liberté. Mais peut-on imaginer une liberté sans borne aucune? Si l'on veut en abattre quelques-unes, il ne faut surtout pas se tromper de cible en gardant celles qui procurent une protection nécessaire et en éliminant celles qui sont la source de tracasseries inutiles.
Plus fondamentalement: vouloir supprimer toute limite, c'est courir vers la perte et la mort. C'est comme si on éliminait le système immunitaire dont la fonction est de reconnditre et de défendre les limites du système. Un système se définit par ses limites, condition de son existence. Privé de toute limite, sans opposition ni polarisation, on peut craindre qu'il ne s'enfonce dans une entropie et un chaos destructeur, ou dans une implosion généralisée.

Autre lien:

29.04.2006

Le Livre noir de la condition des femmes

Le préambule de la déclaration de 1993 des Nations Unies sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes est construit autour de cinq principes: sécurité, intégrité, liberté, dignité, égalité. "Cinq mots fondamentaux et universels pour décliner tout ce qui fait encore défaut à tant de femmes en ce début de troisième millénaire", écrit Sandrine Treiner, qui a coordonné avec la journaliste française Christine Ockrent Le Livre noir de la condition des femmes. Ce sont les cinq piliers des droits des femmes.

Autour de ces "cinq mots simples et magnifiques", ce Livre noir rassemble une quarantaine de contributions de chercheurs, de militants et de journalistes sur la condition des femmes dans le monde.

Le bilan est lourd. Crimes d'honneur, mariages forcés, polygamie, prostitution forcée, exploitation économique: la violence est présente dans la plupart des pays du Sud. Dans les pays développés, la parité hommes-femmes, qui est désormais acquise, n'a toutefois pas encore engendré l'égalité.

Pour Christine Ockrent, "les femmes sont leur propre espoir, elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour changer la société. Chaque fois que nous faisons progresser nos droits à toutes, l'humanité fait un pas vers un monde plus juste...". C'est aussi le message oublié des premières féministes.

Le Livre noir de la condition des femmes
Sous la direction de Christine Ockrent
Éditions XO, 784 p.

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25.04.2006

Message des hommes vrais au monde mutant

Le livre que je vous recommande:


Message des hommes vrais au monde mutant : Une initiation chez les aborigènes
de Marlo Morgan

On les appelle le peuple sauvage. Lorsque Marlo Morgan, Américaine tranquille, rencontre cette tribu d'aborigènes australiens, elle ne sait pas que sa vie va être bouleversée. Dépouillée de ses vêtements, déconnectée de sa culture, la " mutante " est propulsée, pieds nus, dans le bush australien. Au contact de ses étranges compagnons, entre la peur et l'émerveillement, elle va apprendre à remplacer les médicaments par les plantes, les pièces de téléphone par la télépathie, le stress par la communion avec la nature et animaux. Recevoir les dons généreux du hasard, devenir réel, entendre les messages de la nature auxquels nous sommes devenus sourds : tel est l'enseignement de ce récit insolite qui nous ouvre les portes d'une sagesse vieille de cinquante mille ans. Écoutons battre, jaillies du désert, les pulsations d'une vie très ancienne : un monde de pureté nous est offert

L'auteur vu par l'éditeur
Marlo Morgan : Avant de vivre son exceptionnelle aventure australienne, elle a travaillé à l'élaboration de programmes éducatifs en matière de médecine préventive et sociale. Mère de deux enfants, elle vit dans le Missouri. Sa passion pour les aborigènes l'a amenée à écrire un autre livre, Mess en provenance de l'éternité, paru chez J'ai lu.

SDM À peine fictif, pour raisons de discrétion, ce récit de voyage au pays des aborigènes d'Australie constitue une véritable expérience spirituelle en plein 20e siècle et, sans nostalgie, permet d'évaluer le sens profond de ce qu'est la civilisation humaine.

23.04.2006

Livre La Prisonnière de Lhassa

La Prisonnière de Lhassa
Philippe Broussard et Danielle Laeng
Edition "Livre de poche"


Une histoire vraie !

Cette jeune Tibétaine, née en 1978 à Lhassa, capitale du Tibet, incarne la résistance de son peuple à l'occupation chinoise. Ngawang Sangdrol a en effet passé près de la moitié de sa vie derrière les barreaux à la suite de manifestations - pacifiques - en faveur de l'indépendance de son pays, annexé par la Chine en 1950. Par son courage et sa ténacité, cette nonne bouddhiste au physique d'enfant a ému de nombreuses personnalités à travers le monde. Le dalaï-lama lui-même, dans un entretien accordé aux auteurs, dit combien elle symbolise la cause tibétaine. Rebelle à neuf ans, prisonnière à onze, condamnée pour avoir enregistré clandestinement des chants de liberté puis pour s'être insurgée contre les injustices pénitenciaires.....Son parcours, tel qu'il est reconstitué dans ce livre pour la première fois grâce aux témoignages inédits de ses plus proches amis et d'anciennes camarades de détention, mène du couvent à la prison, de la foi à la souffrance.
L'édition originale de ce document date de septembre 2001. A l'époque, Ngawang Sangdrol était encore la détenue politique la plus lourdement condamnée du "Pays des Neiges"; elle ne devait sortir de la terrible prison de Drapchi qu'une douzaine d'années plus tard.
Mais, en octobre 2002, la mobilisation internationale a fini par payer: en raison de l'aggravation de son état de santé, les autorités chinoises ont annoncé sa libération anticipée, après dix ans de détention. Au moment où est paru cette nouvelle édition, la jeune femme vivait toujours au Tibet et reste, aux yeux de ses compatriotes, un modèle de résistance.
http://www.tibet-info.net/temoignages/ngawang_sangdrol.html

http://www.fraternet.org/tibet/dernouv.htm

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